Les compagnons sont de sortie

septembre 25, 2009 · Filed Under Non classé · Comment 

Dimanche 13 Octobre, sortie des compagnons au 10ème salon de la moto à Bourbourg.

Grâce au concours de l’atelier palettes de Spycker qui a prêté du matériel aux organisateurs, 10 invitations ont été délivrés aux compagnons pour cet évènement.

Momo, compagnon chauffeur du minibus, avait donné rendez-vous aux compagnons intéressés vers 10 h le matin. L’équipée a donc pu apprécier la démonstration des jeunes pompiers ainsi que l’échauffement des motards acrobates. Il faut croire que le spectacle les a réjouis puisque ils ont unanimement demandé à revenir l’après-midi malgré le temps qui se faisait menaçant.

Sage décision, puisque les spectacles de l’après-midi furent de bonne qualité. Dragster, Acrobaties sur moto, moto cross… autant de shows qui réjouirent nos néophytes de la moto.

Les compagnons tiennent d’ailleurs à remercier les organisateurs et les artistes pour cette journée qui a rompu la monotonie du dimanche sur la communauté.

Un dimanche à Calais …

septembre 25, 2009 · Filed Under Actualités · Comment 

A l’heure où le ministre de l’Immigration, Mr Besson, ferme la Jungle calaisienne, les militants de nombreuses associations ont fait front et s’étaient réunis le 13 septembre, profitant de la venue de Manu Chao pour enfin s’exprimer d’une seule voix.

 

Manu Chao en concert à Calais, l’opportunité de faire renaître « l’Esperanza » pour les « clandestinos » de la Jungle était trop belle pour ne pas la saisir. Sous l’impulsion d’Hélène et Valentin, militant actif du collectif No Border, les associations de la région se sont réunies ce dimanche 13/09 devant la Calypso. Sensibiliser la population face à l’urgence de la situation fut le maître mot de l’après-midi. C’est dans ce sens que No Border, Salam, Emmaüs, La Belle Etoile, Terre d’Errance et les militants d’Angres installèrent un stand commun présentant banderoles, photos, diaporamas, revues de presse décrivant la situation des migrants dans notre région. Un message, fruit d’un travail commun à toutes les associations, a également été porté durant le concert devant une salle comble de 3000 personnes.  L’accueil fut positif à en croire l’affluence au stand dès la sortie d’un concert long de trois heures. Réunir tous ces militants d’horizons et d’opinions différentes sur un même stand fut une belle performance, les faire parler ensemble et avec les mêmes mots fut une prouesse et recevoir un accueil plus que chaleureux du public tenait de l’exploit tant l’événement fut préparé à la hâte. Les belles surprises ne s’arrêtaient pas là, puisque une heure après la fin du concert les artistes venaient rencontrer l’ensemble du groupe. Il faut croire que le message délivré porta ses fruits car les présentations faîtes, Manu Chao nous proposa d’organiser une rencontre dès le lendemain dans la jungle. Le train était en marche, il ne nous restait plus qu’à l’attraper au vol « Proxima estacion : Esperanza »* (Prochaine étape : l’Espoir ; titre d’un album du groupe).

Nous nous sommes donc retrouvés le lendemain vers 15 heures au squat des afghans Pachtounes. Une dizaine d’entre eux nous attendaient à l’entrée de leur – je l’écris tristement – bidonville. Un seul robinet coule à quelques dizaines de mètres, ils sont pourtant des centaines. Leurs abris de fortunes remercient le ciel d’avoir été aussi cléments durant cet été tant le vent et la pluie pourrait avoir raison de ceux-ci à la première tempête. Ne cherchez pas l’accès Internet, le téléphone ou bien même juste une petite prise électrique, non ne cherchez pas, ici on ne vit pas on survit. Et pourtant l’Homme s’est adapté : une mosquée d’appoint a été construite, les abris s’étendent à perte de vue répondant à un plan défini par les flux de plus en plus pressants, « il ne manque plus que les noms de rues » dira un visiteur. Et pourtant l’Homme ne perd pas pieds (pourtant déjà bien usés par le voyage) : ce ne sont que des sourires qui ont accueillis la délégation, et notre guide du jour Paddawan nous confie qu’il est très heureux de notre visite… difficile d’en dire de même de notre côté, laisser « vivre » ces hommes dans ces conditions…Nous sommes honteux. La visite suit son cours, Paddawan s’exprime dans un anglais impeccable et nous explique plus amplement les conditions de tous les jours : Les violences policières, les traques organisés par les passeurs, les rumeurs de rasage du camp… Il règne comme une atmosphère de terreur dans ce camp. Et comme pour mieux illustrer ses propos notre guide s’arrête devant une dalle de béton entouré de grilles de chantier où gît une couverture de survie, il nous explique qu’elle symbolise l’endroit où un de ses compagnons de route a été tué par des passeurs. Le vent est tout à coup glacial. Abasourdis, personne ne sait relancer la conversation mais Paddawan nous rappelle à notre bon souvenir que la prochaine étape c’est l’Espoir et nous invite à prendre le thé à son abri. Ce moment de convivialité ponctuera notre visite déjà riche en émotions.

L’échange s’est révélé intense, les migrants se rassurent d’observer notre mobilisation (même si nous sommes trop peu) et nous sommes regonflés à bloc pour le combat que nous poursuivrons, le combat pour la dignité de l’Homme.